En ce moment, je lis Emmanuel Bove.
Il fait beau et tout semble triste.
Bove a écrit une bible. Il y décrit les tourments d’un homme, d’un déshérité. Méfiant, sinistre et mort. Sans bagage. Ses "amis" se succèdent… Et son corps se vide. Au rang des accusés, la médiocrité de l’âme. De celui qui attend l’événement. Cet homme a les coudes qui glissent le long des accoudoirs, des costumes trop larges, des oreilles trop sensibles.
« J’avais un mal de tête violent. Je songeais à ma vie triste, sans amis, sans argent. Je ne demandais qu’à aimer, qu’à être comme tout le monde. Ce n’était pourtant pas grand-chose.
Puis, subitement, j’éclatais en sanglots.
Bientôt, je m’aperçus que je me forçais à pleurer.
Je me levai. Les larmes séchèrent sur mes joues.
J’eus la sensation désagréable qu’on éprouve quand on s’est lavé la figure et qu’on ne s’est pas essuyé. »
Elle entre dans la pièce sans me prévenir.
-Qu’est ce que tu écris ?
-Je cite de courtes phrases extraites de « Mes amis » d’Emmanuel Bove.
-Je peux lire ?
(…)
-Toi ! Triste, timide, sans amis ?
Elle se met à rire et part.










