Mardi 10 juin 2008

En ce moment, je lis Emmanuel Bove.

Il fait beau et tout semble triste.

Bove a écrit une bible. Il y décrit les tourments d’un homme, d’un déshérité. Méfiant, sinistre et mort. Sans bagage. Ses "amis" se succèdent… Et son corps se vide. Au rang des accusés, la médiocrité de l’âme. De celui qui attend l’événement. Cet homme a les coudes qui glissent le long des accoudoirs, des costumes trop larges, des oreilles trop sensibles.

« J’avais un mal de tête violent. Je songeais à ma vie triste, sans amis, sans argent. Je ne demandais qu’à aimer, qu’à être comme tout le monde. Ce n’était pourtant pas grand-chose.

Puis, subitement, j’éclatais en sanglots.

Bientôt, je m’aperçus que je me forçais à pleurer.

Je me levai. Les larmes séchèrent sur mes joues.

J’eus la sensation désagréable qu’on éprouve quand on s’est lavé la figure et qu’on ne s’est pas essuyé. »

 

Elle entre dans la pièce sans me prévenir.

-Qu’est ce que tu écris ?

-Je cite de courtes phrases extraites de « Mes amis » d’Emmanuel Bove.

-Je peux lire ?

(…)

-Toi ! Triste, timide, sans amis ?

Elle se met à rire et part.

par Dj
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Lundi 9 juin 2008

Y arriver...

par Dj
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Vendredi 6 juin 2008
par Dj publié dans : traces du sacré
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Vendredi 6 juin 2008
par Dj publié dans : traces du sacré
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Mercredi 28 mai 2008
(mon gros)
Pourquoi es-tu parti ?
I love you (more).
I love you.
par Dj
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Mercredi 28 mai 2008

 

Impossible consolation

Sucer le temps comme une tragédie

Tirer deux traits sur le désir

Sur les bras ouverts

Respirer

Aspirer la mort

Ne plus être soi

A soi

Disparaître

Une île ?

Mes larmes salées

Font une mer un océan

Sec d’être humain

Déserts

Arides

Remplis de désespoirs

Etre dans le maquis

Un soir

Un enfant au fond de bras chauds

Ne plus rien demander à travers des immeubles

Des voitures

Je ne cherche plus l’accident

Je suis l’accident

Je me retourne

Signe de mes larmes ce que personne ne

Voit

Seul

Toujours

Au fond des ténèbres

Accompagner de mes diables

Seuls compagnons

Au fond du gouffre et des abîmes

Revenir au jour

Demain

Un jour

Sans moi

Je suis le mal

Le mal aimé

Ailé

Vol sans voile

Sans rien demander

Depuis le temps

Toutes ces guirlandes

Brillent de tous leurs fastes

Et me laissent

Dans le froid

Mes larmes

Ne sont pas uniques

De toute manière

Je suis seul

Sans être à mes côtés

Sans sexe pour me réconforter

Sans bras sans cœur

Sans me transformer

A quoi bon

Mourir

Bientôt

Demain

Une vie sans rien

A demander s’il vous plait

Mendier

Quémander

Mais je demande trop

Tout ça n’est pas pour moi

Toute la beauté du monde

Ses richesses

Je file

Mon chemin

Sans chemin

Sans trace

N’est pas là mon tourment

La grâce avant la mort

Le doute de ma tragédie

Oui

Oui

On t’aime

Je m’aide

Décoration

Impossible consolation

par Dj
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Mardi 27 mai 2008

des ennemis ?

un ami s’en félicite

il les convie leur parle les couronne

et moi

moi

que suis-je ?

mon avis ne compte pas

taire ce caractère

face à la voie ferrée

de la cendre dans les mains

je pars

autobiographie de ma mort

je meurs seul

par Dj
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Lundi 26 mai 2008

 









par Dj publié dans : Cannes
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Dimanche 18 mai 2008

La microperspective est un modus vivendi, vous me suivez, appelons ça comme ça, c’est une façon de concentrer son attention, toute son attention, sur un petit détail de la vie, du train-train quotidien, comme si ce détail était la chose la plus importante du monde ; mais en le faisant avec une certaine ironie, en sachant que ce n’est pas du tout la chose la plus importante du monde et que tout est relatif. Ce qui aide, c’est de faire des listes, de se faire des pense-bêtes, de s’imposer des horaires rigides...
(Antonio Tabucchi)


par Dj
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Samedi 17 mai 2008

JE VEUX VOIR, JOANA HADJITHOMAS ET KHALIL JOREIGE



Je veux voir s’inscrit directement dans la lignée de ce que le cinéma libanais fait de plus beau depuis la guerre de juillet 2006. On pense notamment à Posthume, le court métrage de Ghassan Salhab, et au Liban en automne, le film court de Nadim Tabet dans lequel le jeune réalisateur télescope des morceaux de pellicule super 8, une époque faste et heureuse, et nous emmène sur les traces d’une équipe de tournage puis dans une salle d’un concert des Scramblled Eggs - les Sonic Youth libanais qui ont également composé la BO de Je veux voir - pour finir par un lent travelling arrière découvrant une rue jonchée d’immeubles en ruines. Beyrouth année zéro est le point de départ et d’accroche d’une réflexion où d’entrée de jeu le duo de cinéastes composé de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige n’hésite pas à se mettre en scène et s’interroge à la manière d’un Godard dans Notre Musique : « Comment, après guerre, revenir à la fiction ? ». Réponse : en parachutant la star française la plus glamour, Catherine Deneuve, dans un champ de ruines. C’est d’ailleurs peut-être moins la question de la fiction que les cinéastes posent ici, que celle de filmer l’espace et l’image (quelles images ?). Je veux voir épouse la structure d’un road-movie. Catherine Deneuve y apparait démaquillée, la voix et la démarche quasi chancelante d’une vieille dame, démythifiée, méconnaissable, proche. Envoûtante. Deneuve monte dans une voiture aux côtés du comédien de Perfect Day Rabih Mroué, ils vont tous les deux traverser le Sud du Liban, se diriger vers la frontière israélienne. Rabih ne parle que quelques mots de français. Le dialogue entre les deux personnages se réduit donc à des bribes, une communication fragile propice à un état de latence. Cette belle journée de promenade – qui a nécessité une semaine de tournage – est tout sauf un guide du routard exotique promesse de gâteaux caramel. Je veux voir est traversé par le souvenir, la peur, l’étonnement, l’intolérance. Comme si les Américains n’avaient jamais déblayé les tours après le 11 septembre, les Libanais vivent encore dans un décor parsemé d’immeubles troués. Reconstruire ? Qui ? Quand ? Autour de quoi ? Des mains tombent sur la caméra et rappellent qu’aujourd’hui le Liban vit un drôle d’ordre où certains militaires ou intégristes imposent et définissent la limite du droit de voir. Dans cette configuration, le film de JoanaHadjithomas et Khalil Joreige prend une tournure étrange. Voir, oui mais quoi ? Les paysages ne parlent pas seuls. Comme dans un hypothétique cauchemar palestinien où chaque soir l’on verrait se redessiner la carte des check points, la topographie libanaise se trouve sans cesse reconfigurée. Partir vers le Sud, revenir à la frontière, sera aussi une épreuve ultime. Une réappropriation de l’image de la région dont seul le regard coloré de martyre façon Hezbollah des journaux télévisés s’était emparée. La fiction – la renommée de Deneuve aidant –nous emmène sur une terre inconnue, au sud, là où une mer couleur rouge charrie les poussières des pierres et des ruines.





Et aussi : http://www.lesinrocks.com/index.php?id=67&tx_article%5Bnotule%5D=207718&cHash=95a40032b3
par Dj publié dans : Cannes
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